• Un bonheur insoutenable - Ira Levin

    Un bonheur insoutenable - Ira Levin

     

    Dans le futur, les nations ont enfin aboli les guerres et la misère, mais à quel prix ? Gouvernés par un ordinateur géant, les hommes sont, à l'aide d'un traitement hormonal mensuel adéquat, uniformisés, privés de toute pensée originale. Dans un univers où il n'existe que quatre prénoms différents pour chaque sexe, le jeune LI RM35M4419 va hériter de son grand-père un étrange cadeau : un surnom, Copeau. Ce sera le début pour lui d'un difficile parcours qui va l'amener, d'abord, à s'accepter en tant qu'individu, puis à se révolter. Il n'est heureusement pas seul, d'autres ont décidé de se rebeller. Mais seront-ils assez forts pour lutter contre Uni, le super-cerveau informatique de cette humanité déshumanisée ?

    Après avoir lu 1984 et Fahrenheit 451, je voulais continuer dans les dystopies classiques. Je me suis donc attaquée à Un bonheur insoutenable.

    Le monde créé par Uni est parfait : plus de conflit, plus de guerre, plus d'égoïsme, l'harmonie entre les êtres humains qui se considèrent comme faisant partie d'une seule et même Famille. Sauf que cette paix a forcément des aspects négatifs, et pas des moindres : quatre prénoms pour chaque sexe afin de gommer les différences entre les membres de la Famille, des manipulations génétiques pour que tous les membres se ressemblent (à tel point que les femmes n'ont même plus de poitrine mais sont plates comme les hommes), un métier choisi par Uni et des déplacements au gré des décisions de l'ordinateur, la possibilité de se marier et d'avoir des enfants uniquement avec l'autorisation d'Uni, une espérance de vie bloquée à 62 ans... Et bien sûr le traitement mensuel, qui modifie l'humeur, empêche les règles, régule la pilosité. San oublier la délation, mais qui avance masquée, sous prétexte d'aider les membres malades de la Famille, de les soigner pour qu'ils retrouvent la paix, le bonheur.

    C'est donc une dystopie sans violence directe, où tout se fait dans la douceur, sans en avoir l'air. C'est d'ailleurs étonnant de ne jamais voir de forces de police ou autres personnes chargées du maintien de l'ordre ; les traitements rendent tout cela inutile. En fait, ce rôle est tenu par les membres de la Famille prêts à aider leur prochain et les agents des Médicentres qui donnent les traitements prescrits par Uni.

    On suit donc Copeau, un jeune garçon comme les autres, pendant de longues années (de ses 6 ans à ses 40 ans environ). Cela permet de suivre son évolution, de le voir grandir, changer, se poser des questions, se révolter. Mais contrairement aux deux dystopies que j'ai citées plus haut, son évolution n'est pas linéaire, et c'est une caractéristique du livre très agréable : il se pose des questions, il est remarqué et traité, il oublie, il recommence, différemment. C'est comme un jeu du chat et de la souri entre Copeau et Uni, et j'ai passé beaucoup de temps à me demander de quelle façon il allait cette fois-ci s'en sortir, et s'il finirait jamais par se libérer totalement.

    Au final c'est un livre que j'ai vraiment beaucoup aimé, une dystopie qui change dans sa présentation, et qui m'a semblé vraiment difficile à combattre de par sa violence douce, impalpable. Comme quoi, la quête absolue du bonheur n'est pas si enviable.

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 6 Juin 2014 à 12:00
    Ton avis, qui me fait découvrir ce livre, me donne vraiment envie :) Je le rajoute à ma wishlist^^
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