• Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé, tome 1 : Rue Farfadet - Raphaël Albert

    Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé, tome 1 : Rue Farfadet - Raphaël Albert

     

     

    Panam, dans les années 1880 : les humains ont repris depuis longtemps la main sur les Peuples Anciens. Sylvo Sylvain a posé son havresac dans la rue Farfadet, gouailleuse à souhait. Chapeau melon vissé sur le crâne, clope au bec, en compagnie de son fidèle ami Pixel, il exerce la profession exaltante de détective privé et les affaires sont nombreuses ! Des adultères à photographier, des maris jaloux, des femmes trompées, etc. Ni très rémunérateur, ni très glorieux que tout ceci. Alors, Sylvo fréquente assidûment les bars, les cafés et les lieux de plaisir en tout genre où son charme envoûte ces dames... Jusqu'au jour où, lors d'une banale enquête de routine, il se trouve mêlé à une machination dépassant l'entendement. Le voilà, bien malgré lui, chargé de l'affaire par l'un des trois puissants ducs de Panam. Saura-t-il tirer son épingle de ce jeu compliqué et dangereux ?

    Je m'étais intéressée à ce livre à force de le voir passer sur Livraddict, et le mélange de fantasy et d'enquête policière m'a de suite donné envie d'en savoir plus.

    Le roman nous raconte donc à la première personne une enquête de Sylvo Sylvain, elfe de son état, dans les rues de Panam, version fantastique et fantasmée de Paris au XIX° siècle. On est vraiment dans du roman noir, avec toute la galerie de personnages que cela implique : le détective alcoolique et taciturne, son assistant énergique et râleur, la femme trompée, la femme fatale, les membres de la pègre, les flics emmerdants, les amis toujours là pour donner un coup de main... Du classique, mais bien utilisé, et qui réserve des surprises bienvenues. L'enquête quant à elle fait son petit bonhomme de chemin, n'est ni trop rapide ni trop lente, on apprend les informations en même temps que Sylvo, et la résolution de l'énigme est cohérente.

    La ville de Panam est un reflet de Paris, jusque dans la toponymie (boulevard de Rochenoire, avenue de Frivoli, la Veine, Ancêtre Gremlin, Saltrouville, etc.), ainsi que dans la reconstitution sociale, avec ses quartier riches ou pauvres, et les usines implantées en pleine ville, dans les quartiers est. Mais si on voit parfaitement où l'on est, le monde autour de Paname reste flou, et n'a pas grand chose à voir avec la France.

    J'ai trouvé le personnage de Sylvo sympathique : alcoolique, plutôt flemmard, détective  parce que les planques lui permettent de s'installer au café et d'y rester des heures pendant qu'il est en planque, plus que réservé sur son passé qui semble assez lourd, décalé par rapport aux habitants humains de Panam. Tout ça pourrait être cliché, mais c'est par petites doses, sans que l'auteur n'appuie sur un point ou sur un autre, et ça passe donc bien. À part son adjoint Pixel, les autres personnages ne sont pas énormément développés, mais ça reste tout à fait correct pour un roman policier. À la limite, Albert développe plus les rapports entre les humains et les autres habitants de Panam, le racisme, l'intégration sous ses diverses formes ou l'exclusion, forcée ou volontaire, ainsi que les rapports entre les différents représentants des peuples anciens eux-mêmes, qui ne sont pas plus idylliques.

    Il y a beaucoup d'humour dans le livre, aussi bien à travers le personnage de Pixel que par le décalage entre Panam et Paris. Albert joue d'ailleurs sur les références à notre propre monde (le patron de la première entreprise de construction automobile de la ville est un nain appelé Porf, et qui produit la PorfT, par exemple et Sylvo compare un journaliste qui lui colle aux basques durant son enquête à Rouletabille). Mais, encore une fois, tout ça n'est ni lourd ni insistant.

    En définitive, j'ai beaucoup aimé cette lecture, qui m'a fait penser à du Nestor Burma ou à du Adèle Blanc Sec (mais Tardi ayant aussi adapté Burma en bd, ça n'a rien d'étonnant), et j'ai hâte de lire la suite !

    « Cycle de la Culture, tome 1 : Une forme de guerre - Iain M. BanksLe cycle de Cybione - Ayerdhal »

    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    1
    Dimanche 26 Avril 2015 à 17:47

    Ah oui, c'est vrai, du Adèle Blanc Sec, je n'y avais pas pensé mais c'est judicieux ! Je t'encourage à lire le suivant qui est encore meilleur, et plus noir aussi ^^ Merci pour ton billet qui m'a replongé au cœur de Panam avec plaisir wink2

    2
    Dimanche 26 Avril 2015 à 17:59

    Le suivant (et le troisième aussi, allons-y gaiement !) est déjà dans ma wish list biggrin Et pour ton billet, j'avais évité de le lire avant ma lecture, histoire de ne pas « parasiter » ma vision des choses, je vais donc maintenant pouvoir le lire réellement !

    • Nom / Pseudo :

      E-mail (facultatif) :

      Site Web (facultatif) :

      Commentaire :


    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :