• Le chant de Kali - Dan Simmons

    Le chant de Kali - Dan Simmons

     

    « Il est des lieux maléfiques qui ne devraient pas exister. Il est des villes malfaisantes où l'on ne peut demeurer. Calcutta est de celles-là. Avant Calcutta, pareille idée m'aurait fait rire. Avant Calcutta, je ne croyais pas au mal, et surtout pas comme s'il était une force indépendante des hommes. Avant Calcutta, je n'étais qu'un imbécile. »

    Robert Luczak est envoyé à Calcutta par sa maison d'édition pour récupérer le mystérieux manuscrit d'un poète que tous croyaient mort depuis huit ans. Mission simple en apparence, mais qui prend des allures de descente aux enfers dès lors que son chemin croise celui des Kapalikas, secte vouée à l'adoration de la meurtrière Kali dont les membres font régner la terreur sur la ville. Sacrifices humains, cadavres ressuscités, meurtres en pagaille... Luczak comprendra - mais trop tard - que rien n'arrête le chant macabre de Kali.

    Jusqu'à présent, je n'avais encore jamais rien lu de Dan Simmons, et je n'avais pas forcément envie de commencer directement par le Cycle d'Hypérion. En passant en revue sa bibliographie, j'ai choisi ce roman car je suis fascinée depuis longtemps par l'Inde, par sa mythologie et Kali.

    L'histoire est donc racontée à la première personne par Robert Luczak, un auteur américain de la côte est. Il est depuis plusieurs années contributeur d'une revue littéraire, et le directeur de celle-ci, qui est également un ami, lui demande d'aller récupérer à Calcutta le poème inédit d'un grand écrivain indien que tout le monde croyait disparu depuis longtemps. Robert accepte, et décide d'y aller avec sa femme, d'origine indienne mais ne parlant pas la langue majoritaire de Calcutta, et avec leur fille âgée d'environ deux ans. Dès leur arrivée sur place, il se sent mal à l'aise, l'homme venu les chercher à l'aéroport ne lui inspire pas confiance, et des difficultés surgissent pour récupérer le manuscrit. La situation empire rapidement, jusqu'à l'horreur.

    Le cadre du roman me plaisait d'avance, et j'ai beaucoup aimé les descriptions de Calcutta, de sa décrépitude, de sa saleté, de son humidité (l'histoire se déroule pendant la mousson), mais aussi de ses quartiers bourgeois et de l'empreinte de l'occupation britannique. Robert est vraiment emporté dans ce tourbillon, dans cette profusion étourdissante, ce qui participe de son malaise et de celui que le roman veut nous faire ressentir (notamment durant la scène à la gare). Personnellement, je rêve d'aller en Inde, et tout en sachant que c'est très souvent un choc pour les touristes, je suis fascinée par cette effervescence, cette abondance de personnes, de pauvreté, la violence de la société ; c'était donc à la fois un plaisir et un repoussoir de lire les descriptions de l'auteur.

    Le traitement des Indiens m'a par contre beaucoup moins plus car je ne l'ai pas trouvé assez nuancé : ils sont tous systématiquement fuyants, plus ou moins menteurs, mielleux ou menaçants. En bref, aucun n'inspire confiance, et j'ai trouvé qu'ils correspondaient trop à des stéréotypes colonialistes. Ça m'a mise mal à l'aise bien plus que l'intrigue elle-même, et ça m'a aussi assez rapidement lassée.

    Pour parler de l'intrigue, justement, je l'ai trouvée assez embrouillée, et pas vraiment emballante. Même en sachant que le roman date des années 70 et que les moyens de communication n'étaient pas les mêmes à l'époque, j'ai trouvé un peu artificiel que le mec doive se déplace jusqu'en Inde pour récupérer un manuscrit (mais c'est peut-être juste mon ignorance des pratiques de l'époque qui veut ça) ; ensuite les difficultés qui se dressent devant Robert pour qu'il puisse récupérer le manuscrit m'ont semblé forcées, artificielles, et cela est renforcé par le fait qu'on ne sait que ce qu'il sait, et qu'on est donc pratiquement tout le temps dans le noir. Je peu comprendre que l'auteur voulait garder une part de mystère, jouer sur l'inconnu pour susciter l'angoisse et la peur, mais là j'ai trouvé que c'était vraiment trop. Les membres de la secte adoratrice de Kali ne m'ont pas paru aussi redoutables que tous les Indiens l'affirment à Robert, et je m'attendais à bien pire. Quant à la fin, elle retombe comme un soufflé raté, je l'ai trouvée plate, elle ne m'a pas du tout émue.

    Au final, c'est un roman qui me semblait prometteur, et dont le cadre général m'a plu, mais qui ne développe pas assez les éléments angoissants et dont la fin n'est pas à la hauteur.

    « Eternity incorporated - Raphaël Granier de CassagnacChroniques d'un rêve enclavé - Ayerdhal »

    Tags Tags :
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :