• La trilogie de la lune, tome 1 : La lune seule le sait - Johan Heliot

    La trilogie de la lune, tome 1 : La lune seule le sait - Johan Heliot

     

    Printemps 1889. Un vaisseau hybride de chair et de métal fait irruption dans le ciel de Paris, stupéfiant la foule venue célébrer la clôture de l'Exposition universelle. L'humanité entre en contact avec les extraterrestres Ishkiss et découvre une technologie qui surpasse ses rêves les plus fous.
    Dix ans plus tard, l'Europe s'est transformée grâce à l'alliance rendue possible entre la vie et le métal. Pourtant, la révolte gronde, menée par les artistes et les écrivains exilés en Amérique. La science fabuleuse apportée par les créatures d'outre-espace est devenue un instrument d'oppression entre les mains de l'Empereur français. Les droits des peuples sont bafoués, les opposants déportés grâce à la nef ishkiss vers le nouveau bagne que Louis Napoléon vient d'inaugurer dans les entrailles de la Lune.
    Quels sont les véritables desseins des alliés du maître de l'Empire ? La réponse offre la clé de l'éternité. Un seul homme sur Terre est peut-être capable de l'entrevoir : celui dont les rêves à présent dépassés ont à longueur de pages fasciné ses semblables...

    De Johan Heliot, j'avais déjà lu Françatome, et pour la préparation des Utopiales, j'avais envie d'aller un peu plus loin. J'ai donc choisi ce livre en librairie sur un coup de tête, et je ne suis vraiment pas déçue de ma décision.

    Après un prologue pour le moins intriguant, l'histoire commence directement en 1899, évitant ainsi d'avoir à parler de la rencontre entre les humains et les Ishkiss. J'ai bien aimé cette façon de faire qui laisse planer le mystère sur ces extra-humains (terme utilisé dans le roman), leur apparence, leur technologie, leur comportement... Nous suivons donc un personnage mystérieux qui accoste en rade de Brest, muni de faux laisser-passer, afin d'accomplir une mission pour la résistance à Napoléon III (ou le Petit, voire Badinguet pour les intimes). Son objectif : aller sur la lune, et essayer d'entrer en contact avec un membre éminent de la résistance envoyé au bagne et dont on est sans nouvelles.

    L'uchronie de Johan Heliot ne commence en fait pas en 1889, avec l'arrivée de la nef ishkiss, mais plus tôt, en 1870, avec la victoire de l'empereur sur les troupes prussiennes à Sedan ; pas de III° République, donc, pas d'Allemagne non plus, mais un Deuxième empire renforcé, et un Napoléon encore plus puissant. Mais privé de son épouse et de son fils, tués lors d'un attentat anarchiste alors qu'ils revenaient de Corse où ils s'étaient réfugiés aux premiers instants de la guerre. Ces morts ont précipité Badinguet dans la folie, il s'est acharné dans la guerre, et l'arrivée de Ishkiss en 1889 lui a permis de renforcer la puissance de son empire, ainsi que la répression de la dictature. Face à la répression politique, la résistance s'organise, bien sûr, et sa figure tutélaire est la même que dans notre réalité : Victor Hugo, Totor, exilé sur l'île de Guernesey avec sa chère Juliette Drouet. Bien d'autres personnages historiques font partie de la résistance, dont un certains nombre de Communards (car, malgré la victoire de Sedan, la Commune de Paris de 1871 a bien eu lieu). Mais il n'y a pas que dans la résistance que l'histoire et l'uchronie se rejoigne, et l'on côtoie des personnalités de l'époque, tel le préfet de Paris Louis Andrieux, ou un petit médecin viennois (Sigmun Freud). Pour moi qui suis une passionnée d'histoire, c'est un vrai plaisir de retrouver toutes ces personnes, qu'on les voie effectivement dans le roman ou qu'on se contente de les évoquer.

    Concernant les Ishkiss, le mystère plane autour d'eux, car ils ne viennent que très peu sur Terre, revêtus de scaphandre de métal, et vivent autrement sur la face cachée de la lune. Même les habitants de la Base Cyrano, implantation impériale sur le satellite où a entre autre été établi le bagne, ne les voient qu'exceptionnellement. Toutefois, leurs nefs de chair renforcées de métal et les insectoïdes, utilisés par les humains comme bêtes de somme font désormais partie du quotidien.

    Un épilogue vient conclure ce roman, qui annonce le contexte du deuxième tome de la trilogie de façon plus ou moins voilée, mais il m'a clairement donné envie de lire la suite !

    « Câblé - Walter Jon WilliamsWomen in chains - Thomas Day »

    Tags Tags : ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :