• Kraken - China Miéville

    Kraken ; China Miéville

     

    On a volé l'Architeuthis dux du Muséum d'histoire naturelle de Londres : un calmar géant de huit mètres ! Billy Harrow, spécialiste des céphalopodes, est atterré. Et la police lui apprend que lui-même pourrait être menacé en raison de ses connaissances sur l'animal.

    En effet, enlevé par la bande du Tatoué, puis secouru, le voici aux mains d'une secte adoratrice du Dieu Kraken. Le Teuthex, leur chef, plonge Billy dans un sommeil hallucinatoire dans l'espoir de percer ses rêves sur l'animal tentaculaire...

    Poursuivi, lancé à la recherche du kraken, Billy découvre un Londres souterrain, étrange et baroque, peuplé de personnages des plus fantasmagoriques.

    Comme je l’ai déjà dit ici à plusieurs reprises, je suis une grande fan de China Miéville, de ses univers, de son écriture (et de la qualité des traductions de Natalie Mège), et je continue de le lire avec Kraken, un thriller fantastique qui se déroule à Londres.

    Billy Harrow est un employé du Muséum d’histoire naturelle de Londres, spécialisé dans les céphalopodes, et il prend un plaisir tout particulier à faire visiter les réserves du musée, et notamment à faire découvrir au visiteur le corps naturalisé d’un calmar géant de huit mètres de long. Sauf qu’un jour, quelle n’est pas la surprise de Billy lorsqu’il amène son groupe devant une absence de calmar : il a disparu, et le caisson dans lequel il reposait également ! La police est de suite appelée pour enquêter sur cette disparition pour le moins exceptionnelle et incongrue, et Billy comprend vite que quelque chose cloche : bruits étranges dans les couloirs du musée, disparition d’un des gardiens, sensation d’être suivi et observé, notamment par un écureuil… Mais le plus intriguant reste tout de même le comportement de certains policiers à son égard. Il s’enfonce alors dans un Londres empli de magie, où les sectes mystico-magiques fleurissent, où des gangs s’affrontent pour la possession d’objets magiques, et où un service de police spécial enquête sur tout ce petit monde, afin de comprendre qui a volé le calmar géant, et pourquoi.

    De par son cadre et son intrigue, cette histoire m’a fortement fait penser à deux romans de Neil Gaiman : Neverwhere et American gods. En plus de ces ressemblances, il y a d’autres similitudes, notamment en ce qui concerne le personnage du héros, ainsi que le couple de « méchants », qui est toutefois encore plus flippant chez Miéville que chez Gaiman (et pourtant, Croup et Vandemar avaient déjà de quoi donner quelques sueurs froides au lecteur). Par contre, Miéville a une imagination encore plus débordante que Gaiman, il peuple son Londres underground d’un nombre impressionnant de malades en tous genres (je me souviendrai longtemps de la secte nazi !) et de trouvailles intéressantes, à mi-chemin entre la tradition et la culture geek (le coup de Star Trek est vraiment plaisant). Mais là où Miéville se distingue largement plus, c’est la violence et la dureté de l’action, mais aussi des personnages.

    En ce qui concerne l’intrigue, elle est très dense, et comme on suit l’histoire à travers les yeux de Billy, malgré des incursions auprès d’autres personnages, on ne sait que ce qu’il sait ; et comme en plus on ne suit pas toujours le fil de sa pensée, on peut être en retard sur son raisonnement, et c’est au lecteur de comprendre les liens entre les divers groupes qui s’agitent dans les bas fonds magiques de Londres. Sur la fin, tout ça s’éclaire bien, mais j’avoue que j’ai bien envie de relire ce livre pour retrouver, grâce à ce que je sais maintenant, le point de bascule essentiel.

    Je voulais aussi revenir un peu sur les personnages, car j’ai dit un peu plus haut qu’ils étaient durs et violents, mais ils ne sont pas que ça. Miéville insuffle en eux énormément d’humanité et d’émotion, et j’ai vraiment ressenti de l’empathie pour eux, notamment pour Wati.

    Miéville est un auteur qui a des convictions politiques fortes, qu’il développait largement dans la série de Nouvelle Crobuzon mais très peu dans The city & the city ; dans Kraken, c’est encore assez diffus, même si le choix de certains personnages n’est clairement pas dû au hasard (je pense surtout à Paul). Mais c’est avant tout le personnage de Wati qui porte le point de vue économique et social de l’auteur, ce qui amène une nouvelle coloration au récit et vient encore l’enrichir.

    En définitive, voilà encore un lire de China Miéville que j’ai beaucoup aimé, même si sa densité peut le rendre difficile d’accès car il part un peu dans tous les sens.

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