• Journal de bord - Septembre

    Journal de bord - Septembre

    Comme vous l'avez peut-être remarqué, depuis cet été j'ai énormément de mal à me mettre à jour en ce qui concerne mes chroniques, le retard s'accumule, et au final j'ai de moins en moins de courage pour m'y attaquer. Ainsi, afin de ne pas laisser empirer les choses, j'ai décidé de prendre le problème sous un autre angle. De ce fait, je vais faire un Journal de bord plus étoffé que d'habitude qui reviendra sur toutes mes lectures de septembre, et je pourrai commencer le mois d'octobre sur des bases plus saines.

     

    Journal de bord - Septembre

    J'étais depuis longtemps intéressée par cette trilogie de hard SF environnementaliste, mais elle n'avait pas encore eu l'occasion de sortir de ma PàL. Le challenge ABC de l'imaginaire m'a permis d'y remédier.

    J'ai beaucoup aimé le partie pris de l'auteur car on se retrouve à suivre deux personnages principaux et deux personnages qui ne sont pas loin de l'être également, et les quatre sont des scientifiques qui ont des liens avec la politique des États-Unis. De ce fait, ils ont conscience des dangers du réchauffement climatique (qui est encore plus fort qu'actuellement, puisque le récit dans se déroule dans un futur proche non daté), ils ont des idées pour au moins le limiter, ils ont accès à ceux qui peuvent changer les choses, mais ils connaissent également les lenteurs et les compromissions de la politique. De ce fait, je pense qu'on peut trouver le rythme assez lent, d'autant que les pluies diluviennes annoncées par la quatrième de couverture n'arrivent que dans les 100 dernières pages du livre, mais cette mise en place des éléments m'a beaucoup plu. En plus, puisque les personnages principaux sont des scientifiques, de nombreux faits et théories sont évoqués tout au long du récit, ce qui peut perdre le lecteur qui n'est pas familier avec ces concepts.

    En définitive, j'ai vraiment apprécié ma lecture, et je vais lire la suite de cette trilogie avec plaisir.

     

    Journal de bord - Septembre

    J'avais adoré le premier tome de ce cycle, même si j'avais eu un peu de mal à me mettre dedans, et je voulais donc savoir comment cela allait se terminer. En plus de ça, j'ai bien aimé Catherine Dufour à chaque fois que je l'ai vue, ce qui me pousse encore plus à la lire.

    Tout comme dans le premier livre, celui-ci est divisé en deux parties qui n'ont pas forcément de rapports directs, même si elles font partie d'un tout.

    La première, qui est le chapitre 3 de l'histoire et donne son titre au livre, est un pastiche de l'histoire du roi Arthur, avec Pendragon, Merlin, la Dame du lac, Guenièvre et tous les autres. Sauf que, bien sûr, Catherine revoit ça à sa sauce et en donne une version irrévérencieuse, qui en plus de ça se permet d'élargir le récit à la superstition populaire, et va jusqu'à faire un bond dans le futur, vers 2500, époque à laquelle se dénoue le conflit entre Blanche Neige et Merlin l'enchanteur et qui voit intervenir la plupart des personnages importants du premier tome.

    La dernière partie est un préquel, un chapitre 0, dans lequel on retrouve trois des personnages principaux du chapitre 3, et revisite Le seigneur des Anneaux, avec deux fées qui suivent Frodo et Sam, sans savoir ce qu'ils font, alors qu'elles mènent elles-mêmes une quête. Dans cette partie, on a surtout une réflexion sur le principe de la quête dans les histoires de fantasy, même s'il y a beaucoup d'autres thèmes.

    En fin de compte, ce tome m'a tout autant plus que le premier, d'autant que j'étais préparée à ce que j'allais lire.

     

    Journal de bord - Septembre

    Pour moi, Jack London, c'est avant tout Croc Blanc et L'appel de la forêt. Jusqu'à ce que je découvre ce livre, témoigne de l'auteur qui s'est immergé pendant 3 mois environ dans l'East-End, la zone la plus pauvre de Londres à l'époque industrielle, et j'ai de suite eu envie de le lire.

    Je connaissais déjà un peu l'East-End de part mes lectures sur Jack l'Éventreur, qui sévissait quelques années avant que London n'y aille, mais il y a un décalage entre les livres contemporains sur l'époque et un témoignage direct du quotidien dans ce coin de la capitale la plus riche du monde. En effet, London fait tout pour se faire passer pour un marin américain débarqué à Londres et qui se retrouve sans le sou, obligé de passer ses journées à chercher à manger et un toit où passer la nuit, ce qui lui permet de se lier avec ses compagnons d'infortune, de connaître l'histoire de chacun, comment il a finit dans cet enfer sur terre, comment il essaie de s'en sortir, comment il a abandonné tout espoir...

    Mais la grande force de London, ce n'est pas de se contenter de ces portraits pris sur le vif ; il en profite pour pousser plus loin la réflexion, remettre en cause les lois (notamment celle qui interdit de dormir dans la rue, ce qui oblige les pauvres de l'East-End à marcher toute la nuit pour ne pas être arrêtés par les bobbies), les systèmes d'assistance qui enfoncent encore plus les gens dans la misère. S'il ne parle pas de la monarchie, c'est parce que son éditeur américain le lui a demandé, ce qu'il explique dans son introduction.

    J'ai beaucoup aimé cette lecture, malgré sa dureté qui m'a régulièrement mise mal à l'aise, pour ce qu'il dit des puissants, du regard porté sur les pauvres, et ce quelque soit l'époque ou le lieu.

     

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    Encore un livre qui trainait dans ma PàL depuis un moment, dont je l'ai sorti à l'occasion du challenge ABC de l'imaginaire.

    Le récit suit un des membres d'équipage du vaisseau d'exploration spatial Fureteur, seul représentant à bord d'une nouvelle science totale. On découvre alors leurs rencontres avec différentes formes de vies intelligentes extraterrestres, et la façon dont l'équipage les gère.

    On sent de suite que le livre a été écrit dans les années 60, mais malgré tout je n'ai pas trouvé ça trop pesant à la lecture : comme souvent à l'époque, il n'y a pas une seule femme dans le bouquin, mais van Vogt a au moins le bon goût de l'expliquer logiquement ; la science est très cloisonnée et les tensions entre scientifiques et militaires sont très fortes. Par contre, il y a plusieurs bons points, notamment la diversité des formes de vie rencontrées, et la vie « politique » du vaisseau.

    Sauf que... Sauf que le livre ne débouche sur rien du tout, et on ne peut même pas parler de fin vraiment ouverte. J'ai trouvé cela vraiment frustrant. Mais, en même temps, il est assez clair que l'auteur ne mène pas de réflexion lors du récit et des diverses rencontres (à part dans une certaine mesure concernant le besoin de faire communiquer les différentes branches des sciences), ce qui fait que cette absence de fin est cohérente.

    Pour conclure, je dirais que j'ai aimé l'idée de départ, ainsi que l'écriture de l'auteur, mais que j'ai trouvé que ce roman n'était pas abouti.

     

    Journal de bord - Septembre

    J'avais beaucoup aimé le précédent roman de Cédric Ferrand, Wastburg, et le sujet de celui-ci m'a tout de suite interpelée. Je l'ai donc lu dès que possible

    Pendant une semaine, on suit Méhoudar, juif russe qui est embauché à l'essai dans une entreprise d'ambulances dans un Moscou futuriste en déliquescence, comme aux pires heures suivant la chute du communisme. On découvre avec lui toutes les combines, les arrangements avec le système, la corruption, la vie quotidienne, la dissidence, jusqu'à un final doux-amer qui m'a laissé un mauvais goût dans la bouche, mais qui est en même temps juste parfait. En plus de ça, les remarques parsemant le livre à propos des juifs, de la deuxième guerre mondiale, voire d'aspects plus prosaïques du quotidien comme un entretien d'embauche sont particulièrement savoureux.

    En tout cas, je suis définitivement conquise par Cédric Ferrand et j'espère qu'il publiera bientôt d'autres histoires pour que je puisse continuer de le lire!

     

    Journal de bord - Septembre

    En plus de la SFFF, une de mes grandes passions de lecture, ce sont les essais, et particulièrement les essais historiques. Et celui-ci me plaisait particulièrement, puisqu'il traite d'une femme souvent éclipsée par les autres membres de sa famille (sa mère, Catherine de Médicis, sa sœur Margot, ses trois frères rois de France...), et car la façon d'aborder le sujet par l'intermédiaire du rapport au corps était vraiment original.

    La réflexion est organisée autour de trois axes : l'apprentissage de la majesté du corps, qui passe aussi bien par l'éducation que la façon de se comporter, de s'offrir à ses proches et à ses sujets, ainsi que l'importance de l'apparence ; l'utilisation du corps comme outil politique pour sa famille et les impératifs opposés de la loyauté à sa famille et à son époux ; enfin, le corps purement corporel, qui doit séduire le roi et qui doit enfanter pour garantir la paix entre son pays d'origine et son pays d'adoption.

    C'est un livre qui mélange donc l'histoire, la sociologie et la philosophie, ce qui donne un résultat dense, mais très intéressant. De plus, les réflexions proposées peuvent avoir des prolongement à l'heure actuelle.

     

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    Après avoir lu plusieurs romans de lui, je continue mon exploration de Philip K. Dick avec ce recueil de nouvelles, dont deux ont été adaptées au cinéma.

    Ce recueil est constitué de 9 nouvelles, écrites à différentes périodes de la vie de l'auteur, mais qui tournent toutes autour d'un petit nombre de sujets : la réalité, la capacité à faire la différence entre le réel et le rêve/fantasme/délire, la folie, l'importance de la connaissance pour déterminer ce qui est et ce qui n'est pas. On reste donc toujours dans les mêmes réflexions, mais elles sont amenées différemment dans chaque texte, ce qui évite la lassitude et permet d'aborder différents aspects de ces mêmes réflexions.

    En ce qui concerne la nouvelle Rapport minoritaire, je l'ai trouvée bien plus profonde que le film de Spielberg, car elle pousse le raisonnement plus loin. Pour les autres nouvelles, il y en a deux que j'ai particulièrement aimées : Un jeu guerrier et Nouveau modèle ; la première est tout en finesse et sa fin m'a vraiment surprise ; la deuxième est plus classique, ou tout du moins j'ai compris la fin sans trop de difficultés, mais par contre, la morale qu'il en tire est, à mon goût, jouissive.

    J'ai vraiment beaucoup aimé ce recueil, et j'ai trouvé que Dick était plus percutant dans ses nouvelles que dans les romans que j'ai lus jusqu'à présent (Substance mortLe maître du Haut châteauLes androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?).

     

    Journal de bord - Septembre

    Comme j'aime beaucoup m'informer à propos de ce qui se passe dans le monde, j'ai de suite été intéressée par ce roman qui relate 58 conversations entre l'auteur et des chauffeurs de taxi cairotes, conversations réelles, réécrites ou inventées.

    Les chapitres sont courts et laissent la première place au chauffeur de taxi du moment, qui développe à chaque fois un point précis de la vie quotidienne égyptienne, que ce soit le coût de la vie, la corruption de la police, la défiance ou le soutien à Moubarak (le livre a été écrit entre 2005 et 2006, donc avant sa chute), le point de vue concernant l'invasion américaine en Irak, le regard porté sur les femmes, etc. Même quand certains chapitres semblent être répétitifs, il y a toujours des variations qui permettent d'apporter un éclairage différent sur des points particuliers. Ce que j'ai vraiment apprécié, c'est que l'auteur ne juge jamais ses interlocuteurs, même quand il n'est manifestement pas d'accord avec eux ; on sent vraiment une volonté de laisser s'exprimer les voix d'ordinaire tues de la population égyptienne.

    Ce livre est donc assez particulier de par son format, son principe même, mais quand on se laisse porter par ces voix parfois discordantes, souvent émouvantes, mais toujours authentiques, on peut plonger dans une partie de la réalité égyptienne et mieux comprendre la révolution de 2011 et ses suites.

     

    Je suis très contente de mes lectures de ce mois, variées et toutes plaisantes, qui m'ont permis d'explorer de nombreux univers. Maintenant que je suis à jour de mes chroniques, je vais pouvoir retrouver un rythme beaucoup plus agréable, avec des articles plus régulièrement. Et ce mois d'octobre s'annonce sous les meilleurs augures, avec une première lecture en cours très sympa (Bohème, de Mathieu Gaborit), et avec le festival des Utopiales !

    Bonnes lectures à toutes et à tous :)

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  • Commentaires

    1
    Belethiel
    Dimanche 4 Octobre 2015 à 18:10

    Tout ça donne vraiment  très envie !  Je retiens particulièrement le London qui fera obligatoirement partie de mes prochaines lectures.

     

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